Appel à la poursuite du mouvement

Publié le par Enseignants de Paris 1

Appel à la poursuite du mouvement

par un groupe d'enseignants de l'Université Paris 1


A partir de fin avril, si le gouvernement ne recule pas, nous atteindrons un stade au-delà duquel ce qui reste du semestre d'enseignement ne pourra plus être aménagé de façon à engager une période minimale de cours.

Toutes les analyses le démontrent, tous les commentaires le soulignent :

1- nous n'avons obtenu que des concessions qui ne remettent en cause ni l'esprit ni le coeur du projet de réforme du gouvernement,

2- l'obstination du gouvernement, qui est certainement à la mesure du prix qu'il attache à la mise en place de sa réforme de l'enseignement supérieur et de la recherche, est coupable et, dans une certaine mesure incompréhensible : même les enseignants qui ne font pas grève sont, pour beaucoup, opposés aux réformes proposées. Une grande majorité de la communauté universitaire et des chercheurs n'accepte pas les réformes que les gouvernements successifs essaient de faire passer depuis 3 ans (c'est-à-dire depuis le Pacte pour la recherche). A aucun moment le gouvernement n'a manifesté l'intention d'ouvrir de véritables négociations. Il a préféré jouer le pourrissement.

Or la mobilisation reste intacte et l'attitude du gouvernement paraît indigne à la communauté universitaire et à une partie de l'opinion publique.

Dans ces conditions, rien ne permet de justifier une reprise des cours et tout milite en faveur de la poursuite de la grève voire de son durcissement.

Nous sommes donc conduits à ne pas envisager la reprise des cours après les vacances de Pâques. Si le gouvernement souhaite que les cours reprennent, il doit apporter la preuve qu'il entend remplir les conditions minimales d'une véritable négociation et cette preuve est simple puisqu'elle a été énoncée dès la 1ère coordination nationale des universités : il doit annoncer le retrait au moins du décret sur la réforme du statut et de celui sur le projet de mastérisation. Ce sont des conditions minimales sans lesquelles rien n'est possible. Elles ont été proclamées dès le 22 janvier, et nous sommes le 6 avril.

Dès que ces retraits seront annoncés, les confédérations syndicales représentatives seront en mesure d'engager des négociations qui devront porter : (i) sur les décrets évoqués ainsi que sur le contrat de formation doctorale, la réforme du CNU et celle du CNRS, et (ii) sur les moyens (en postes et en financements) mis à la disposition de l'enseignement supérieur et de la recherche pour les trois à venir (jusqu'à la fin du quinquennat de l'actuel Président de la République).

Dès que les collègues auront pris acte de ces retraits en Assemblées générales, les cours pourront reprendre. Mais il est clair qu'au delà du début du mois de juin, le gouvernement portera seul la responsabilité d'un semestre qui, dans beaucoup d'endroits, se sera déroulé sans cours réguliers.

Dans certaines disciplines, un thème ou un programme minimal de lectures sera annoncé aux étudiants après les vacances. L'examen, s'il se tient, portera sur celui-ci.

Nous appelons les collègues à poursuivre et à amplifier le mouvement de démission des fonctions administratives. Ce qui signifie, notamment, que nous n'assurerons pas les innombrables tâches administratives que suppose l'organisation de la prochaine rentrée universitaire. La rétention des notes pourrait se poursuivre au second semestre.


Premiers signataires

un groupe d'enseignants chercheurs de Paris 1

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