Réforme de la formation des enseignants : l'UNEF exige le retrait des décrets !

Publié le par UNEF

Alors que le report d’un an de la réforme de la formation des enseignants, obtenu sous la pression de la mobilisation universitaire, devait permettre l’élaboration d’une autre réforme, Luc Châtel a fait le choix de publier le 28 juillet plusieurs décrets anticipant les conclusions des discussions en cours avec les syndicats enseignants et étudiants.

Depuis la rentrée, malgré une brève rencontre le 18 septembre dernier avec les directeurs de cabinet des ministres de l’Education et de l’Enseignement supérieur, aucun élément de réponse satisfaisant aux inquiétudes des étudiants n’a pu nous être donné. Pire, Luc Châtel n’a toujours pas daigné recevoir les étudiants, au sujet notamment de cette réforme qui les inquiète !

Pour le Ministre, la concertation semble superflue et la réforme déjà faite. Trop c’est trop ! Ces décrets publiés à la hussarde pendant l’été fixent la place du concours lors de l’année de M2, sans tenir compte des remarques et critiques d’un grand nombre d’organisations syndicales et notamment des étudiants.

La position idéologique du ministre contenue dans ces décrets est lourde de conséquences pour les étudiants et pour l’avenir du système éducatif. En faisant le choix de passer en force et de fixer la place des épreuves d’admissibilité et d’admission pendant l’année de master 2, le ministre hypothèque l’avenir des étudiants ! En effet, cette décision surcharge la dernière année de formation (pendant laquelle les étudiants devront cumuler les obligations liées à la validation d’un master, la réalisation d’un mémoire de recherche, des stages professionnalisant et la préparation d’un concours) et ne laisse aucune possibilité de réorientation pour les étudiants qui échoueraient aux épreuves d’admissibilité ! Ce choix remet en cause la possibilité même de former professionnellement les futurs enseignants : les étudiants seront placé devant le choix impossible de entre la préparation du concours et la possibilité de réaliser le stage rémunéré !

L’UNEF appelle donc Luc Châtel à la responsabilité et lui demande de retirer les décrets fixant la place des concours pendant la deuxième année de master, afin que de véritables concertations s’ouvrent sur la place des concours et l’articulation entre le concours et le diplôme ! Il est illusoire de prétendre discuter d’une réforme dont les contours et le contenu sont déjà gravés dans le marbre ! L’UNEF va lancer une campagne dans toutes les universités afin d’obtenir le retrait de ces décrets.

Au cas où le ministre l’aurait oublié, cette réforme concerne l’avenir de milliers d’étudiants ! L’UNEF demande à être reçue au plus vite par le ministre de l’Education nationale afin de lui faire part des inquiétudes des étudiants.

Pour l’UNEF, les orientations actuellement données à la réforme vont à l’encontre d’une démocratisation de l’accès aux métiers de l’enseignement et s’opposent à l’augmentation de la qualité de la formation des futurs enseignants ! Pour l’UNEF, le schéma actuellement proposé doit être profondément revu. Les épreuves d’admissibilité doivent êtres placées à la fin de première année de master, afin de faire de la deuxième année de master une véritable année de formation professionnelle, limitant le bachotage dû à la préparation aux concours. Cela permettra également d’assurer une réorientation sans attendre vers d’autres masters 2 à tous les étudiants qui échoueraient aux épreuves d’admissibilité. C’est une condition indispensable pour démocratiser l’accès aux métiers de l’enseignement !

L’UNEF rappelle à Luc Châtel qui semble l’avoir oublié que cette réforme a été au cœur du mouvement universitaire du dernier semestre.

L’UNEF exige la mise en place d’une autre réforme de la formation des enseignants pour 2011 et l'ouverture d'une réelle concertation, afin notamment de garantir le contenu professionnel de la formation des futurs enseignants et de permettre à tous les étudiants d’accéder aux métiers de l’enseignement. Dans ce cadre, l’UNEF demande notamment :

- un cadrage national des masters préparant aux concours de l’enseignement

- des garanties sur le rôle et la place des IUFM dans la formation professionnelle des futurs enseignants

- la mise en place d’une carte nationale des formations aux métiers de l’enseignement afin d’assurer l’égalité d’accès sur l’ensemble du territoire

- une allocation pour les étudiants s’engageant dans ces formations au moins équivalente à l’actuelle rémunération liée au statut de fonctionnaire stagiaire, afin de garantir la nécessaire démocratisation de l’accès au métier d’enseignant.

Publié dans Actualités nationales

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article